Flash Back...
L’idée d’enquête, de recensement au sens de consultation d’une population, remonte à la plus haute antiquité : Sumer, Egypte, Chine, ... Il faut attendre le XVIIè siècle pour voir apparaître les premières enquêtes qui ressemblent à celles que nous pratiquons aujourd’hui, à savoir avec tentative d’extrapolation à un tout. On citera les noms de Colbert et Vauban pour la France et les noms de Graunt et Petty pour la Grande Bretagne. Et plus tard, D. Defoe et le Comte de Lavalette qui, pour l’information personnelle respectivement du Premier ministre anglais Harley et de Napoléon, avaient mis sur pied des réseaux de correspondants locaux les tenant au courant de l’état d’esprit du public.
En 1895, A. Kiaer, du Bureau Central de Statistique du Royaume de Norvège, expose les résultats d’une expérience d’enquête par échantillon "représentatif" de la population Norvégienne. Les réactions du monde de la statistique, très violentes, manifestent un désaccord profond avec les méthodes d’échantillonnage de A. Kiaer. Pourtant, au fil du temps, l’idée d’échantillon en tant que modèle réduit d’une population fera son chemin dans les esprits.
Aux USA, à l’occasion des présidentielles de 1824, débuta la pratique des "votes de paille" qui permettait d’anticiper (avec plus ou moins de bonheur) les résultats d’élections. En 1936, le Litterary Digest consulte 2 millions de personnes par la méthode du vote de paille et prédit la victoire de Landon contredite par la réélection du président F.D. Roosvelt. Alors qu’elle se trouvait confirmée par 3 sondages indépendants conduits par A. Crossley, E. Roper et G. Gallup. Le vote de paille repose sur le volontariat de la réponse, comme dans une enquête auto-administrée, les sondages indépendants ont utilisé des méthodes de tirage aléatoire assurant la représentativité de l’échantillon.
A la même époque, J. Neyman développe la théorie statistique et introduit les notions de tirage aléatoire, de stratification et de marge d’erreur. Les bases de la théorie et de la pratique des enquêtes par échantillon sont posées.
USA, 1936 : London contre Roosevelt
Intentions de vote : la technique du votre de paille, utilisée par le Litterary Digest, donne London président, avec 2 millions de réponses "auto-administrées" aux bulletins de vote distribués par le journal.
Gallup interroge 4000 personnes sélectionnées sur échantillon statistique et pronostique Roosevelt.
Parallèlement à cette évolution, le développement de la production industrielle a engendré des besoins de connaissance et d’action auprès des clientèles des entreprises. Cela donne naissance à une nouvelle discipline - le marketing, dont l’une des composante est l’étude de marché. L’essor des enquêtes marketing, en France, date du début des années soixante, période à laquelle l’offre de biens de consommation commence à dépasser la demande.
Evolution
Au fil des années la définition de l’étude de marché a beaucoup évolué. Du domaine délimité par le marketing des biens et services, elle s’est étendue dans deux directions :
Au-delà des produits fabriqués par l’entreprise, elles concerne aujourd’hui tout ce qui touche à sa stratégie de développement (par exemple à la communication interne, l’image externe , la publicité sur ses produits, ...)
Au-delà de l’entreprise commerciale classique, elle relève aujourd’hui d’une entité plus large : toute organisation publique ou privée, en relation commerciale ou non avec des consommateurs, des utilisateurs, etc. Par exemple, une administration, une municipalité, une association (d’utilité publique, une ONG, ...), une personnalité (un parti) politique, ...
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